Les patients immunodéprimés — séropositifs sous traitement ARV, patients en chimiothérapie, transplantés sous immunosuppresseurs, patients sous corticothérapie prolongée — présentent un risque infectieux et une cicatrisation altérée lors des soins dentaires invasifs. La prise en charge doit être adaptée à leur statut immunitaire, en coordination avec leur médecin référent.
Manifestations buccales de l'immunodépression
- Candidose orale (muguet) : plaques blanches sur la langue et les muqueuses
- Leucoplasie chevelue : bandes blanches sur les bords de la langue (VIH)
- Herpes labial récurrent et extensif
- Parodontite nécrosante ulcéreuse (PNU) : perte rapide de tissu gingival
- Aphtes géants et prolongés
- Sarcome de Kaposi (VIH avancé)
Précautions pour les actes invasifs
Avant toute extraction, chirurgie ou implant : vérifier le bilan sanguin (numération formule sanguine, CD4 pour VIH, plaquettes). Si les polynucléaires neutrophiles < 1000/mm³ ou les plaquettes < 50 000/mm³, différer les actes invasifs électifs. Une antibiothérapie prophylactique est recommandée dans certains cas.
Soins non invasifs : aucune restriction
Les soins conservateurs (obturations, couronnes, dévitalisations), le détartrage et les soins d'orthodontie fixe ne nécessitent généralement pas de précaution particulière si le statut immunitaire est contrôlé (CD4 > 200 pour le VIH, immunosuppression modérée pour les transplantés).
Interaction médicaments et soins dentaires
Certains antirétroviraux interagissent avec les anesthésiques locaux (métabolisme hépatique). Les immunosuppresseurs (ciclosporine) peuvent provoquer une hyperplasie gingivale nécessitant une gingivoplastie. L'ensemble du traitement médicamenteux doit être communiqué au dentiste.
Conclusion
L'immunodépression n'exclut pas les soins dentaires — elle les rend plus importants encore. Consultez le Dr. Sadiki au Centre Dentaire Sidi Maarouf (0808 547 465) avec votre bilan médical récent.